Et voilà, nous y sommes ! Le sprint final pour un ticket en Europa League est lancé. 6 matches, 18 points à distribuer, et trois équipes parmi les cinq en lice recevront ce précieux sésame à l’issue de la compétition. Si on remonte un lustre en arrière, Milan aurait considéré l’accession en Europa League comme un échec, tant la Ligue des Champions était inscrite dans l’ADN du club. Depuis, les temps ont changé et Milan reste sur trois années sans qualification européenne. Cette saison sportive, conjuguée à l’arrivée des nouveaux propriétaires, doit permettre au club de sortir du marasme dans lequel le Diavolo est englué depuis trop longtemps. Marco Fassone l’a rappelé lors de son interview inaugurale, l’Europa League constitue une obligation pour le club. La tâche n’est pas aisée : d’autres équipes nourrissent le même objectif.

Avant toute chose, un bref récapitulatif des places qualificatives s’impose. D’autant plus que la finale de Coppa opposant la Juventus et la Lazio chamboule quelque peu les cartes. Voici les cas de figure pouvant se présenter :

– Si les zèbres gagnent la Coppa (et restent parmi les trois premiers), les 4ème et 5ème places sont qualificatives pour les phases de groupe de l’Europa, tandis que la 6ème est qualificative pour l’Europa via un tour préliminaire ;
– Si la Lazio gagne la Coppa et termine 4ème, la 5ème place devient directement qualificative pour les groupes de l’Europa, et la 6ème devient qualificative pour les tours préliminaires de l’Europa.
– Si la Lazio gagne la Coppa et termine 5ème, la 4ème place reste directement qualificative pour les groupes de l’Europa, et la 6ème devient qualificative pour les tours préliminaires de l’Europa.
– Si la Lazio gagne la Coppa et termine 6ème ou au-delà, il n’y a aucun changement au classement : la 4ème place reste qualificative pour les groupes de l’Europa, et la 5ème reste qualificative pour les tours préliminaires de l’Europa.

Pour vous, Solomilan fait le point sur les équipes en lice pour la petite sœur de la Ligue des Champions : Lazio, Atalanta, Milan, Inter et Fiorentina. Cette analyse se base sur trois points : la forme récente, l’effectif et le calendrier.

 

Lazio

Forme sur les 10 derniers matches : 6V, 3N, 1D, 21/30. Forme sur les 5 derniers matches : 2V, 2N, 1D, 8/15.

Après un mois de février et de mars en fanfare, les Laziale restent sur une lourde défaite à domicile contre Naples, et un match nul décevant face à la faible équipe de Genoa. L’énergie dépensée en Coppa peut avoir une influence sur ces résultats.

Effectif

Habituellement disposée en 4-3-3, l’équipe s’appuie sur une charnière centrale très solide qui encaisse peu lorsque les Bataves De Vrij et Hoedt sont alignés de concert. Au milieu, la technique de Biglia associée aux gros moteurs que sont Milinkovic-Savic et Parolo permettent régulièrement à ce secteur de prendre la mesure du match et de lancer dans les meilleures conditions les fusées Keita et Anderson. Ils peuvent enfin compter sur un Immobile retrouvé après son passage difficile à Dortmund, et auteur de 18 buts cette saison. Des cinq clubs en lice pour l’Europa, la Lazio est celle qui allie le mieux talent individuel et équilibre collectif.

Calendrier : Palerme (D), Roma (E), Sampdoria (D), Fiorentina (E), Inter (D), Crotone(E).

Trois matches très difficiles attendent les Biancocelesti : un derby, deux matches contre des concurrents directs, et une finale de Coppa à jouer juste après le dernier match de championnat. Ce calendrier n’est clairement pas aisé en comparaison avec leurs rivaux au classement.

 

Atalanta

Forme sur les 10 derniers matches : 6V, 3N, 1D, 21/30. Forme sur les cinq derniers matches : 2V, 2N, 1D, 8/15.

La forme de l’Atalanta est sensiblement la même que celle de la Lazio. Alors que d’aucuns annoncent chaque semaine un effondrement des Bergamasques, ceux-ci continuent de tenir bon, à l’exception de la déroute encaissée à l’Inter. Il semble désormais acquis qu’il faudra compter avec eux jusqu’à la fin de la saison.

Effectif

Il s’agit clairement de la formation la plus méconnue. Peu de gens auraient misé sur un tel parcours en Serie A et pourtant, cette équipe continue de surprendre avec son habituelle défense à 3. Même le départ de Gagliardini, révélation de la première partie de saison et parti à prix d’or chez les Intéristes, n’a pas enrayé la superbe dynamique initiée par Gasperini. Caldara, pur produit du club et acheté par la Juventus pour les prochaines saisons, impressionne par ses qualités défensives et son étonnante maturité. Des joueurs comme Kessié ou Conti sont indispensables pour l’équilibre de l’entrejeu. On y retrouve également d’anciennes connaissances, telles que Cristante et surtout Petagna, fer de lance des Lombards et auteur d’une excellente saison. Enfin, ils peuvent compter sur leur monsieur plus, Papu Gomez, véritable petit joyau qui éclabousse de son talent la Serie A et permet à l’Atalanta de rêver d’Europe. Sans être la meilleure sur le papier, cette équipe présente une grande homogénéité et est capable de gêner n’importe quelle équipe italienne.

Calendrier : Bologne (D), Juventus (D), Udinese (E), Milan (D), Empoli (E), Chievo (D)

Seuls deux matches peuvent poser de réelles difficultés à l’Atalanta : les réceptions de la Juventus et de l’AC Milan. Ils ont toutefois la chance de recevoir les Bianconeri avant le déplacement capital en demi-finale de Ligue des Champions, ces derniers ayant en outre quasiment déjà course gagnée pour le championnat.  L’atalanta dispose par conséquent d’un calendrier aisé par rapport à ses concurrents, ce qui lui conférera sans nul doute un bel avantage.

 

Milan

Forme sur les 10 derniers matches : 6V, 3N, 1D, 21/30. Forme sur les cinq  derniers matches : 2V, 2N, 1D, 8/15.

Milan se trouve dans une spirale plutôt positive, la même sur le plan comptable que celle de la Lazio ou de l’Atalanta. La seule défaite a été enregistrée au Juventus Stadium à la dernière seconde, sur un fait de match douteux. Le match à Pescara constitue la seule véritable ombre au tableau et rappelle la fragilité des Milanisti lors des matches face aux équipes plus modestes.

Effectif

Milan dispose de l’effectif le plus déséquilibré sur le papier. Elle aligne à la fois des joueurs de classe internationale et d’autres qui n’ont rien à faire au club, ni dans aucun autre jouant une place européenne. Aux grandes promesses Donnarumma, Romagnoli, Suso, Locatelli ou encore Deulofeu s’ajoutent des éléments très limités, notamment sur les ailes défensives et au poste d’avant centre, qui empêchent le club d’engranger des résultats avec continuité. La grave blessure de Bonaventura, pilier de l’équipe du début de saison, a également constitué un véritable coup d’arrêt dans les performances du Diavolo. Toutefois, l’équipe dispose d’un fighting spirit jamais vu au cours des trois années précédentes. Cet état d’esprit, inculqué par le Mister Montella, leur a permis de compenser le déficit de qualité et de renverser des situations très compliquées. C’est sur cet aspect, plus que n’importe quel autre, que Milan devra s’appuyer pour espérer accrocher l’Europe.

Calendrier : Empoli (D), Crotone (E), Roma (D), Atalanta (E), Bologne (D), Cagliari (E)

Si le Milan-Roma du 7 mai est le match le plus prestigieux, le déplacement de la semaine suivante sur le terrain de l’Atalanta s’affiche clairement comme la rencontre décisive pour la course à l’Europa. D’ici là, Milan devra veiller à ne pas galvauder face aux adversaires modestes, qui ont souvent tendance à se transformer en chemin de croix pour le Diavolo.

 

Inter

Forme sur les 10 derniers matches : 4V, 2N, 4D, 14/30. Forme sur les 5 derniers matches : 1V, 2N, 2D, 5/15.

Depuis sa formidable démonstration face à l’Atalanta, l’Inter n’a plus retrouvé le chemin de la victoire, restant sur deux défaites et deux nuls, dont un encaissé à la dernière seconde dans le Derby della Madonnina. Pire, l’Inter a semblé complètement en panne d’idées lors des dernières rencontres.

Effectif :

L’effectif intériste est sans conteste le meilleur parmi les cinq équipes en course pour l’Europa League. Au niveau qualitatif, il aurait d’ailleurs dû lutter pour une place en Ligue des Champions, en compagnie de Naples et de la Roma. Il y a du très bon niveau à chaque poste, et le renfort de Gagliardini lors du mercato hivernal a amené beaucoup de qualité au milieu de terrain. Toutefois, à l’inverse des cousins, le mental constitue le gros point faible de la formation nerazzura. Beaucoup de joueurs n’ont pas épousé la mentalité intériste, et nuisent au bon fonctionnement du groupe. Stefano Pioli, qui avait amené un vent rafraichissant suite au cataclysme De Boer, se trouve dans une position toujours plus délicate. Il aura en tout cas fort à faire pour remobiliser ses troupes en vue du sprint final.

Calendrier : Fiorentina (E), Naples (D), Genoa (E), Sassuolo (D), Lazio (E), Udinese (D)

Le calendrier intériste est très complexe. Il leur reste trois matches très compliqués à négocier, dont deux à l’extérieur et face à des adversaires directs. Ils devront afficher une toute autre mentalité pour espérer ramener quelque chose de ces rencontres.

 

Fiorentina

Forme sur les 10 derniers matches : 4V, 3N, 3D, 15/30. Forme sur les 5 derniers matches : 3V, 1N, 1D, 10/15.

Des cinq équipes, la Fiorentina est celle qui se trouve en moins bonne posture, légèrement distancée dans la course à l’Europe. Si elle reste sur une bonne forme lors des cinq derniers matches, elle a connu un très gros coup de mou durant les mois précédents. De plus, sa défaite surprise contre Empoli la semaine dernière montre que la Viola reste une équipe très fragile.

Effectif

L’équipe comporte des joueurs de grand talent et expérimentés dans chaque ligne. Gonzalo Rodriguez reste le taulier de la défense, tandis que des techniciens comme Borja Valero, Badelj ou encore Saponara dictent le rythme au milieu de terrain. L’attaque n’est pas en reste avec le virevoltant Bernadeschi, en soutien de Kalinic. Il est difficile de cerner les maux de cette équipe qui, au vu de son effectif, aurait dû se trouver beaucoup plus haut au classement. Dans la mesure où ils ne disposent pas d’un noyau extensible, il est possible que la Ligue Europa leur ait coûté de l’énergie. Cela expliquerait certaines des défaites surprenantes et cette décevante huitième place.

Calendrier : Inter (D), Palerme (E), Sassuolo (E), Lazio (D), Naples (E), Pescara (D).

La prochaine rencontre face à une Inter mal en point sera capitale pour continuer d’espérer. Ils disposent du calendrier le plus compliqué parmi les équipes en lice pour l’Europa, et sont les plus mal embarqués sur le plan comptable. A moins d’un miracle, la Fiorentina ne décrochera pas de ticket européen.

 

Classement actuel

4° Lazio : 61 points (+18)

5° Atalanta : 60 points (+18)

6° Milan : 58 points (+14)

7° Inter : 56 points (+22)

8° Fiorentina : 52 points (+9)

 

 

 

 

 

 

 

Le Ritalo-Spagnolo-Belgo… bref, l’Européen du staff.