Suite au closing intervenu ce jeudi, une conférence de presse a été organisée par les nouveaux propriétaires du club. Marco Fassone, nouvel administrateur délégué, s’est présenté en compagnie de Yonghong Li. Il a passé aux cribles les nombreuses interrogations qui se posent depuis le changement de propriétaires.

 

Ses premiers mots : « C’est une journée historique et importante pour ce merveilleux club. Je tenais à effectuer trois remerciements. Le premier s’adresse à Mr. Li et Mr. Han qui m’ont donné cette opportunité et qui m’ont toujours assuré de leur confiance. Je ferai mon possible pour leur rendre cette confiance. Je ressens un très forte responsabilité. Le second remerciement va à Adriano Galliani et Barbara Berlusconi qui, durant ces 8 derniers mois, auraient pu avoir une attitude très différente mais qui m’ont au contraire toujours assuré de leur disponibilité et j’ai beaucoup apprécié leurs dernières déclarations. Le troisième va à vous, les journalistes, et aux tifosi du Milan. Nous avons choisi de rester en coulisses et de ne pas parler. Je me rends compte que ça a été très compliqué de n’avoir que des informations partielles. Je crois que c’était une décision juste et correcte sur cette longue période. Au niveau de la communication, la relation sera différente à l’avenir. »

Sur le Président Berlusconi : « En plus de tous les talents qu’il a, c’est également un grand orateur et hier soir, il a expliqué son amour et sa douleur de lâcher le Milan. Je crois qu’il a pu percevoir que les nouveaux propriétaires ne sont pas là pour une raison de business, mais que nous chercherons à prendre soin avec affection de sa créature, qu’il a remise entre de bonnes mains. »

Sur l’après closing : « Jusqu’à aujourd’hui, j’ai vécu dans les coulisses en faisant le conseiller et en cherchant à donner les meilleurs conseils. A partir d’aujourd’hui, j’effectue mon travail en prenant en main le club avec l’avantage de bien connaitre depuis le 5 août la réalité sportive, économique et commerciale du Milan. J’ai la petite prétention d’avoir une bonne idée, durant cette péride, de ce que je pourrais construire. »

Sur le renouvellement de Donnarumma : « Je peux vous confirmer qu’il y a, de notre côté, la ferme volonté de résoudre ce point dans les plus brefs délais et de Gigio un pilier du futur.  Il y a des contrats, nous aurons des discussions et c’est assurément une priorité que nous aurons. »

Sur le budget pour le mercato : « Nous avons des idées et du temps, nous nous sommes parlés avec Mirabelli qui sera le directeur sportif et David Han. Nous avons rencontré des clubs et agents de joueurs. L’étape clé consistera à nous mettre à table avec l’entraineur et discuter de nos idées ensemble de manière à pouvoir opérer sur le marché. Un budget important sera consacré au mercato, l’objectif des prochaines années étant de construire un Milan très compétitif et ambitieux. Et pour ce faire, je disposerai certainement des moyens financiers pour chercher à y arriver dans un délai très court. »

Sur la manière dont est perçu Montella par la nouvelle direction : « Je réponds volontiers à cette question : il a toute notre estime et notre gratitude. En juin dernier, il avait déjà et a toujours notre soutien entier et total. »

Sur la rencontre avec l’UEFA dans le cadre du fair play financer : « L’UEFA, que nous remercions, a accepté de postposer les termes, qui étaient le 31 mars, pour le voluntary agrement. L a semaine prochaine, nous leur enverrons le plan de développement triennal. Nous sommes confiants, ce sera discuté avec l’UEFA en mai. »

S’il est vrai qu’une personne de la famille Berlusconi pourrait rester dans le club : « Oui, c’est le cas. Je dois remercier Barbara pour avoir accepté de rester présidente de la Fondation Milan. »

S’il y a un moment durant lequel il a perdu espoir : « C’est une tractation sur laquelle vous avez tout raconté, il y a eu des hauts et des bas. Des moments d’euphorie et des moments plus compliqués. Je l’ai vécu depuis l’Italie. Certes, il y a eu des moments difficiles liés aux normes réglementaires de la Chine. Au final, la volonté de conclure cette affaire a prévalu, avec la Fininvest qui aurait pu interrompre les négociations, mais qui a toujours compris que la volonté de conclure était très forte. Au-delà du soutien financier de l’un ou de l’autre, une chose est demeurée importante, à savoir la volonté de finaliser l’opération. »

Sur l’emprunt pour acheter Milan : « En ce qui concerne la holding, c’est une opération énorme pour le football italien. Vous pouvez la comparer avec des opérations qui ont concerné des clubs de haut niveau du football italien. Il s’agit d’une transaction de plus d’un milliard d’euros. Il serait fou d’imaginer qu’avec une opération de ce genre, il ne puisse pas y avoir une part de dettes. Le Milan AC est endetté en très faible proportion par rapport aux ressources du club.  La dette du club a diminué depuis le 30 juin 2016 et sera progressivement réduite au cours de la saison prochaine. Je suis en situation de gérer le club avec une relative tranquillité. »

Sur les objectifs et les échéances : « Nous sommes le Milan, nous n’avons pas la possibilité de dire « calme calme » et de voir ce qu’il se passe. L’idée est de revenir le plus vite possible en Champions League. Notre absence dans cette compétion est trop longue, l’UEFA a donné une aide avec le fait que les quatre premiers iront en Champions la saison prochaine. L’objectif est d’y participer pour la saison 2018-2019. »

S’il veut apporter l’Inter à Milanello : « J’ai rencontré le responsable du personnel. Je désire assurément que le Milan ait également une forte structure managériale, et je chercherai à identifier les meilleurs profils, indépendamment de la question de savoir où ils ont travaillé auparavant. »

Si un calendrier de rencontres pour les renouvellements est prêt : « J’ai préféré attendre l’assemblée qui ratifiera formellement les propositions faites par le conseil d’administration. Je m’occuperai de cela dès demain. Nous avons quelques joueurs en fin de contrat en 2018, et d’autres dont le contrat ne se termine pas en 2018 mais qui sont tout de même une priorité pour nous, comme par exemple Suso. »

Sur l’entrée d’une Bandiera dans le club : « Il sera important qu’il y ait à nos côtés quelqu’un qui incarne les idéaux de ce club. J’aurai une longue conversation avec Franco Baresi et Philippo Galli. Je ferai ça, puis je commencerai à y penser. Le but est de s’organiser pour la saison 2017/2018. »

Sur l’adieu à l’Inter : « J’ai arrêté après un Inter-Milan, d’un point de vue émotionnel, ce sera sympa demain en espérant que le résultat le soit également. »

Sur la situation du stade : « Il s’agit d’une des choses que j’ai traitée depuis août avec David Han et Mr. Li, parce que nous voulons tous que Milan puisse jouer dans un stade avec les caractéristiques modernes. San Siro est extraordinaire, je sais que l’Inter est également en pleine réflexion. La décision sera prise en concertation avec eux et le maire de Milan. Certes, le stade est une des choses importantes que nous voulons faire dans un laps de temps qui, en Italie, ne peut être très proche mais nous souhaitons néanmoins qu’il soit court. Il existe une loi qui a accéléré la bureaucratie nécessaire. les ralentissements peuvent être parce qu’à Turin, les clubs sont très différents au niveau des ambitions sportives et également du poids économique. »

Sur ce qu’il se sent capable de promettre aux tifosi comme premiers gestes : « Il y a deux choses qui, de mon point de vue, sont fondamentales. La première est que nous devons réfléchir sur la création de l’équipe d’un point de vue sportif pour 2017-2018. Nous avons beaucoup d’idées, il est clair que le fait que la négociation se soit conclue à deux mois du 30 juin a contribué à changer quelques cibles. Mais ces mois doivent être des mois chauds car je souhaiterais arriver à ce que l’entraineur ait au début du mois de juillet 60-70% des recrues que nous voulons faire. L’objectif que nous avons, à savoir retourner au sommet, ne peut passer que par le développement du business en Asie. Au début, je ne vous cache pas qu’en août, quand on est venu me raconter certains objectifs, j’étais assez incrédule. Au fil des mois, je me suis rendu compte qu’il y a un potentiel qui peut être exploité et développé dans son intégralité uniquement avec une propriété locale. Notre idée est de créer une société chinoise dévolue uniquement au développement de la marque en Chine, afin d’augmenter les ventes et les recettes. De cette manière va démarrer un cercle vertueux qui peut continuer de s’alimenter. »

Sur la croissance des revenus à moyen terme : « Je peux vous assurer qu’il n’y a pas de difficulté économique. Sur l’aspect financier, ils ont des idées innovantes pour le club. Et puis, c’est mon travail. Si nous voulons amener Milan à concurrencer les colosses du football mondial, les revenus doivent doubler, voire plus. Avec la nouvelle formule de la Champions League, y être ou non change la vie. Et nous sommes en train de parler d’une société qui se qualifie pour les huitièmes de finale, et non qui arrive en finale. Réussir quelque chose du genre signifie déjà encaisser, en prenant l’estimation la plus basse, environ 50 millions d’euros de recettes par an. Et puis il y a la Chine, un marché que les clubs importants n’ont jamais été en mesure de développer plus que ça. Le Milan, et je l’ai vécu moi-même, est quelque chose d’extraordinaire en Chine. Ils se trouvent au top au niveau de la popularité. Ensuite, à moyen terme, il y a le stade. Tous les clubs de haut niveau qui ont changé de stade ont doublé leurs revenus d’une année à l’autre. C’est ce qu’a fait également la Juventus. »

S’il y a un plan alternatif pour ce qui concerne la partie des capitaux toujours bloquée en Chine : « Il n’est peut-être pas approprié que ça soit moi qui réponde à cela. »

Sur l’équipe actuelle et sur le derby : « Permettez-moi de préciser qu’il s’agit d’un avis extérieur pour le moment. Evidemment, depuis août, je n’ai pas manqué beaucoup de parties à la TV, et j’en ai également parlé avec Adriano Galliani. Mon opinion est qu’il s’agit d’une équipe avec du talent et des perspectives. Je crois que c’est la première fois que Milan est l’équipe la plus jeune de Serie A. C’est un acte de grand courage, et pour ce qui concerne l’évaluation, c’est une équipe dans laquelle ceux qui s’en sont allés ont semé quelque chose. Les jeunes sont notre garantie pour le futur. En même temps, je suis convaincu qu’il faut des joueurs expérimentés pour les aider à grandir, pour créer une alchimie qui puisse rapidement nous ramener en haut. Concernant le derby,  je n’aime pas faire des prédictions. J’espère que le Milan pourra gagner demain. »

Si ses exultations seront similaires à Galliani : « Celles de Galliani sont inimitables, je ne sais pas comment je réagirais demain. Il me semble que quand vous êtes ici, quand vous respirez vos couleurs, même si vous ne pourrez jamais être considéré comme un tifoso, vous mettez tout de même toute la passion dans le club que vous gérez. »

S’il a rencontré les tifosi : « Pas encore, nous avons choisi d’adopter un profil relativement bas. Je sais que les tifosi ont des organisations et beaucoup de caractère. Nous avons deux actionnaires dans le cadre de notre métier : la propriété et les tifosi. Mon effort consistera à faire coïncider leurs volontés, dans la mesure du possible. »

Sur son expérience : « Le football a changé, les propriétaires doivent s’occuper de choses différentes par rapport aux années précédentes. Il y a quelques années, on ne parlait pas des financements et des cotations dans une salle de conférence. Je pense que les différentes expériences m’ont enrichi. »

S’il y aura de l’espace pour les jeunes Italiens : « On ne peut faire abstraction des Italiens, au-delà de la réglementation. Heureusement, nous en avons et des bons. J’ai commencé à plusieurs reprises à travailler sur la liste des 25. Cela reste une composante fondamentale et nous ne souhaitons pas recruter uniquement des joueurs étrangers. »

Si Galliani lui a donné quelques conseils : « Galliani m’a raconté qu’au sein de notre secteur jeune, il y a des catégories extrêmement fortes. Une d’elles a d’ailleurs remporté tous les matches jusqu’à aujourd’hui. »

Sur le manager du Conseil d’administration : « La composition du conseil d’administration, je crois que je vous l’ai plus ou moins décrite. Il y a une partie de directeurs italiens avec d’excellents profils. Le fait qu’ils aient accepté de participer à cette aventure me rend particulièrement fier. Ce sont Cappelli et Patuano, ils peuvent apporter toute leur expérience. Ils sont curieux et attentifs, ils m’aideront à ne pas m’écarter de la voie à suivre. Je suis très heureux de ce Conseil d’administration. »

Sur les sponsors en Chine : « Il est certain qu’il y aura un développement en Chine, comme j’en ai parlé. Il n’y en a pas encore. Mais le marché chinois sera abordé de diverses manières. C’est un pays qui veut faire grandir le football. Nous devons leur apporter quelque chose, apporter la connaissance footballistique que nous avons en Italie, qu’ils n’ont pas encore et pour laquelle ils feront des investissements. Ca m’a frappé de savoir que certains enfants qui jouent football là-bas n’ont pas de championnat pour jouer. La Fédération chinoise organise deux championnats et tout le reste est laissé à l’imagination. »

Sur la position du Milan pour la situation en Lega Calcio : « Sur ce terrain, deux aspects sont entrelacés : l’économique et le politique. Souvent, la Lega Calcio s’est retrouvée coincée sur ce point. La position du Milan – Galliani et Cantamessa se sont très souvent rencontrés – est très simple : la première concerne la présidence de la Lega, qui de notre point de vue ne peut être changée. Nous avons une gouvernance qui va bien pour la période pré-calciopoli, pour mettre une chronologie. Nous avons besoin d’un ad. pour transformer la Lega en une entreprise. Et puis, il y a l’aspect économique à prendre en considération. Sur ce point, il me semble assez évident que les grandes équipes, parmi lesquelles Milan, chercheront à faire en sorte que les répartitions n’appauvrissent pas ce qui est la source principale des revenus. »

Sur le secteur de l’équipe pour lequel il pense intervenir le plus : « Il n’y a pas un secteur spécifique, l’idée est que le directeur sportif Mirabelli mette en place un renforcement général, puis travaille afin de voir ce qu’offrira le mercato et quelles sont les évaluations de Montella. »

Sur la volonté de recruter un grand attaquant : « Certains noms nous plaisent, nous souhaiterions avoir au sein du club un ou deux joueurs de très haut niveau. Mais entre les dires et les faits, il y a également la volonté du joueur, évidemment. »

Si le nouveau Milan appuiera la candidature de Galliani pour la Lega : « Je ne sais toujours pas s’il y aura cette candidature. Adriano a mon respect et mon appui. Nous chercherons à comprendre quel rôle aura le nouveau président de la Lega, si ça sera un ad. ou non. J’ai déjà dit à Galliani que s’il devait se porter candidat, il aurait assurément le soutien de notre société. »

Sur Deulofeu : « Ce sera un point à l’actualité. Pour ce que j’ai vu de l’extérieur,  il a un talent et un potentiel énormes. Nous en parlerons avec l’entraineur, et puis nous verrons. »

S’il est possible que d’autres membres chinois viennent s’insérer : « Franchement, je n’ai aucune idée de ce que décidera de faire le futur président, je suis sûr qu’il prendra les meilleurs décisions possibles. »

Sur les nouveaux propriétaires, peu connus en Italie : « Il est évident qu’il y a eu du scepticisme. Nous avons volontairement fait ce choix de rester dans l’ombre, convaincus que ce moment arriverait un joueur. Parler aujourd’hui n’est pas tellement approprié, nous nous engageons à le faire par les faits. »

S’il y a une hypothèse d’introduction en bourse : « Je n’exclus pas ce scénario, nous en parlerons avec les propriétaires, mais un scénario possible pourrait effectivement être l’introduction en bourse. »

S’il voit Mancini entraineur de Milan : « Je n’ai aucun doute en ce qui concerne Vincenzo Montella. Il est l’entraineur de ce Milan. Je souhaite à Mancini de trouver une équipe à sa hauteur, mais pour le futur du Milan, c’est Vincenzo. »

Sur la restructuration de la dette : « Je l’ai fait dans le passé. A l’Inter, nous l’avions fait après que les nouveaux propriétaires soient arrivés. Avec Yonghong Li, une bonne partie du financement est destiné à Milan. Hier, j’ai effacé toutes les dettes que le Milan avait avec les banques italiennes. Une seconde partie servira à supporter la campagne estivale 2017. »

Si le Milan sera compétitif pour lutter pour le Scudetto dès l’année prochaine : « L’objectif visé est la Ligue des Champions, mais nous ne voulons pas en être loin. Il y a des équipes plus fortes que nous, mais nous voulons tout de suite former une équipe solide. Nous ferons de notre mieux. »

Sur l’importance d’acquérir une place pour l’Europa League cette année : « Ca serait important, il faut s’habituer un style de vie et sportif qui est propre aux grands clubs. Si nous voulons un Milan qui fasse peur aux adversaires dès 2018, il est important que nous jouions l’Europa League dès l’année prochaine. Je ne cache pas que ça nous ferait plaisir. »

Sur la structure sportive : « Il y aura dès aujourd’hui Massimiliano Mirabelli qui prendra le rôle de directeur sportif. Nous n’avons pas l’intention de tout révolutionner. A partir de maintenant jusque fin mai, nous ferons notre évaluation. »

Si l’introduction en bourse servirait à rembourser la dette d’Elliot : « Non, je ne vois aucun problème particulier. Au sujet de la dette de Milan, l’ampleur est normale et je n’ai aucune préoccupation particulière sur la façon de refinancer la dette demain matin. »

Si les biens immobiliers de Milan sont transmis à la propriété chinoise : « Oui« .

Sur une visite à Milanello : « Ce soir (jeudi, NDLR), nous irons rencontrer les joueurs et l’entraineur. »

Si la propriété chinoise de l’Inter peut apporter un nouvel élan à la compétition : « Oui, la compétition saine et sportive est toujours quelque chose de positif. »

 

Ainsi se termine la longue conférence de notre nouvel administrateur délégué. Bon courage à ceux qui liront jusqu’au bout !

Forza Milan !

 

 

Le Ritalo-Spagnolo-Belgo… bref, l’Européen du staff.